J’ai voulu aujourd’hui vous parler de « Kedi, des chats et des hommes », un magnifique film que j’ai découvert en avant première, et qui sortira officiellement en salles le 27 décembre 2017. Ce documentaire réalisé par Ceydan Torun raconte la vie des chats à Istanbul, et, en même temps, la vie des habitants auprès de ces chats, qui rythment leurs jours… C’est un film qui m’a cueilli comme on dit, j’en avais les larmes aux yeux…

Kedi, des chats et des hommes… un film d’amour !

J’ai mis de côté la comportementaliste félin au profit de la spectatrice, de l’amoureuse des chats que je suis. Oui les habitants font de l’anthropomorphisme… c’est vrai, mais à la différence de la plupart des « propriétaires » de chats qui font de même, les stambouliotes ne cherchent pas à contrôler les chats. Là-bas, ils ne considèrent pas les chats errants comme un fléau, ou comme « juste des bêtes », mais véritablement comme des êtres à part entière, avec respect et amour. Là-bas, les chats vont et viennent dans les rues de la ville, dans leurs quartiers, avec leurs habitudes, leurs caractères… et c’est respecté ! Les habitants les nourrissent, apprennent à les connaitre, et ils les soignent aussi, au point que l’un des citoyens raconte que nombreux sont ceux qui ont un abonnement chez le vétérinaire !

Bien sûr ce film ne nous montre pas les habitants qui détestent les chats… et alors ? Personnellement j’adore quand on se focalise sur la beauté. Il y en a tant. Ce film parle un peu de la ville qui se construit, se modernise, et des changements qui pointent à l’horizon pour les chats. Et qu’est-ce qui ressort de cela ? encore une fois l’amour des gens pour les chats, leurs inquiétudes à leurs égards…  Autrement dit : encore de bons sentiments. Et moi, j’en suis fan !

Ce film raconte l’amour, la joie, la gratitude, la tendresse. J’aurais envie de vous donner mille anecdotes qui m’ont marqué dans ce documentaire, mais je ne veux pas vous spoiler. Ce que je peux vous dire, c’est que si vous aimez les chats, il y a de grandes chances pour que vous soyez cueillis à votre tour 💛

Crédit photo : Oscilloscope Laboratories / Epicentre Films

« À Istanbul, un chat est plus qu’un chat.
Il incarne le chaos indicible, la culture, la singularité qui font l’essence d’Istanbul » Y. Barlas

Le synopsis de Kedi, des chats et des hommes :

Des centaines de milliers de chats vagabondent dans les rues d’Istanbul. Depuis des années, ils vont et viennent dans la vie des gens, devenant à cette occasion une part essentielle des communautés qui font la richesse de la ville. Sans maîtres, ils vivent entre deux mondes, ni tout à fait sauvages ni tout à fait domestiqués et apportent joie et, pour certains, raison d’être à ceux qu’ils choisissent d’adopter. À Istanbul les chats sont le miroir de la vie des habitants.

Un tournage avec des chats ?!

Peut-être vous demandez-vous comment gérer un tournage pareil ? avec d’aussi grandes stars-chats qui plus est !

La réalisatrice, Ceyda Torun, raconte que les chats à Istanbul n’ont pas peur des humains, et que « ça leur plaisait que nos cameramen les suivent. En revanche, ils étaient plus méchants en présence de la voiture télécommandée que nous avions transformée en caméra. Soit ils s’enfuyaient, soit ils jouaient avec, quand ils ne l’attaquaient pas !« .

Deux caméramen, Charlie Wuppermann et Alp Korfaliun, un pour les gros plans et l’autre pour les plans larges. Ceyda raconte que le plus gros défi était de s’approcher des chats sans qu’ils viennent demander des caresses  ! 

On imagine tout de même un tournage plutôt épique, puisque Ceyda ajoute : « les chats se déplacent aussi bien à la verticale qu’à l’horizontale dans toute la ville. Pour ne pas perdre leur trace, il nous fallait les avoir constamment dans notre champ de vision. Nous devions fréquemment frapper aux portes pour pouvoir accéder aux balcons ou dans les caves des gens. Si les chats se faufilaient dans des endroits interdits comme les voies ferrées ou un immeuble privé à l’abandon, nous nous séparions pour couvrir les issues les plus accessibles. Les individus que nous avons rencontrés grâce aux chats étaient nos informateurs ; ils nous téléphonaient pour nous dire que tel chat était réapparu. Nous nous précipitions alors pour filmer. »

Un casting renversant :

Sans oublier tous les « seconds » rôles, tous ces magnifiques chats et chatons qui rythment le fil du temps et nous émeuvent…

La place du chat à Istanbul ?

Pour la population, en majeure partie musulmane, le chat est quasiment sacré. C’est un animal aimé du Prophète. D’ailleurs les personnes parlent souvent de miracle, de lien, de rapprochement avec le divin, qu’ils se sentent dignes de l’amour du prophète par l’amour qu’ils ont pour les chats. Pour autant, même s’il y a des références à l’Islam ou à Allah, ce n’est pas du tout un film polémique, non, c’est résolument un film d’amour et de grâce.

 

« Les chats ne sont pas des ingrats… ils en savent un peu plus que nous c’est tout »

Paris- Istanbul… mes réflexions…

Je ne cessais de me poser des questions durant le film, comme par exemple : comment cela pourrait être ici, à Paris, ou dans nos grandes agglomérations françaises, d’avoir des chats errants, qui viendrait entre les jambes des personnes tranquillement installées pour prendre un café en terrasse…?

Franchement je pense que nous sommes trop conditionnés par un anthropomorphisme-emprisonnant, par un besoin de contrôle permanent et par de nombreux préjugés… Prendre un thé avec des chats ? D’accord mais dans un endroit prévu à cet effet ! Pourquoi ? D’une part les chats errants sont associés à l’insalubrité, aux maladies (chats = puces, teignes, gale, rage… que des mots qui font peur ! bouhhh !). D’autre part, nous sommes persuadés qu’il faut sauver tous les chats du monde, quoi qu’il en coûte, que chaque chat doit obligatoirement avoir sa maison. Moi je crois que les chats se gèrent bien mieux que nous le pensons… Que les problèmes viennent souvent des humains qui veulent contrôler… en étant persuadés que c’est forcément le meilleur pour leurs chats vu que c’est que qui semble être le meilleur pour eux-mêmes… D’ailleurs en consultation, en prenant le temps d’expliquer aux personnes quelle est la vraie nature de leur chat, quels sont ses vrais besoin, et quel magnifique lien ils peuvent avoir avec lui, alors non seulement le problème de comportement cesse, mais la relation s’embellit… et ça, ça fait partie de mes plus beaux moments de joie 🙂

Ce que j’ai trouvé de magnifique dans « Kedi, des chats et des hommes », c’est cette sorte de lâcher-prise des stambouliotes, qui vivent avec les chats… ils n’essaient pas de les contraindre à agir comme des humains. Ils ont pleinement conscience que ce sont des chats, et n’attendent rien en retour de l’affection et des soins qu’ils leurs prodiguent. Ils ne les considèrent pas comme des animaux « sales » parce que errants ou blessés… non… au contraire comme des êtres de grâce. Toujours.

A vrai dire, ce film est je crois la goutte d’eau qui fait déborder mon vase de l’inspiration et qui va me pousser à écrire ce livre qui me tient tant à coeur 🙂 Il est parfaitement dans la continuité de ce que je ressens chaque jour dans mon travail, dans ce que je souhaite partager avec vous tous. Tous ce que j’ai envie de dire, de crier (!), pour vivre pleinement dans le présent, avec l’affection des chats, et tous leurs enseignements désintéressés !

Bref, « Kedi, des chats et des hommes » c’est un film documentaire magnifique, plein de poésie et de saveurs, qui a de quoi regonfler le coeur des plus pessimistes !! La relation entre les humains et les chats est extrêmement riche, et pleine de belles émotions. Focus sur l’amour et la bonté qui se trouve en chacun de nous… Il y en a bien plu qu’on ne le pense, et ce film nous permet de le voir, de le sentir… Alors merci 🙂

 

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