mon chat s'arrache les poils et se gratte jusqu'au sang

Mon chat s’arrache les poils, que faire ?

Vivre avec un chat qui s’arrache les poils ou se gratte jusqu’au sang, c’est inquiétant ! Dans mon jargon, en tant que comportementaliste spécialiste du chat, on appelle ça le léchage compulsif et/ou automutilation. Mais pourquoi un chat se lèche à outrance, jusqu’à se dépiler une partie du corps, ou se frotte, se gratte, jusqu’à parfois mettre sa peau à sang ? Comment sortir de cette situation, stressante autant pour le chat que pour son humain ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Comment gérer les problèmes de léchage compulsif chez le chat ?

Lorsqu’un chat s’arrache les poils, cela veut dire, sans aucun doute, que quelque chose le stresse. Mais quoi ? Quand on a à faire à des cas d’automutilation, il faut impérativement explorer deux domaines : la santé et l’environnement.

1/ Les causes médicales

Quand on voit son chat se faire du mal, c’est dur émotionnellement. Et la première chose à faire c’est avant tout de consulter son vétérinaire. Déjà pour vérifier que votre chat n’a pas de problème de puces, de tiques, ou de parasites quelconques. Mais parfois ça ne suffit pas. Et il ne faut alors pas hésiter à prendre rendez-vous avec un vétérinaire spécialisé en dermatologie.

Aller voir un vétérinaire dermatologue

Lorsqu’on se réveille avec d’énormes croûtes ou des plaques rouges, on va consulter un dermatologue, et non un médecin généraliste. Eh bien pour le chat c’est pareil !

S’il s’agit d’un simple souci de puces, oui votre généraliste pourra aider votre chat. Mais si ça continue, alors il faudra absolument voir un spécialiste. On m’oppose souvent plein d’objections : ça coûte cher, c’est loin… Bref, laissez-moi vous raconter une anecdote personnelle…

Une anecdote personnelle avec mon chat

Il y a plusieurs années, en rentrant de vacances, je retrouve mon chat Tit avec le menton boursouflé, plein de pustules… Sans trainer, je cours voir mon vétérinaire généraliste ! Tit reçoit une piqûre d’antibiotiques, et la première semaine ça semble s’arranger un peu. Mais la semaine suivante, l’état du menton de mon chat empire incroyablement !

Ni une ni deux je retourne voir mon véto, qui lui fait une seconde piqûre d’antibiotiques. Comme pour la première fois, au départ les choses semblent aller mieux, mais la semaine qui suit, son menton se dégrade encore… Et voilà des aller-retours chez le véto, piqûres, soins pendant près de 4 mois… et rien ne fonctionne !! On fait même une biopsie, qui ne révèle aucune anomalie.

C’est alors que mon vétérinaire me recommande de consulter un de ses amis, vétérinaire dermatologue. A noter qu’on ne va pas voir ce vétérinaire pour un rappel de vaccin, non. Lui, il ne fait QUE de la dermatologie !!

Lors du rendez-vous, il cerne très vite ce que ça peut être : un acné qui a sacrément dégénéré… ET ce que ça n’est pas : une allergie alimentaire, qui est apparemment rare et dont les manifestations ne sont pas du tout celles-ci !

Sans trainer, après avoir fait (avec gentillesse) quelques clichés pour sa « boutique aux horreurs », il fait des prélèvements pour faire un antibiogramme. Les résultats montreront que la bactérie est résistante à tous les antibiotiques sauf 1 !! Qui heureusement a fonctionné. En deux mois à peine, Tit avait retrouvé toute sa superbe !

Alors combien j’ai dépensé en 4 mois d’aller-retour chez mon vétérinaire généraliste avec les piqûres d’antibio (qui allaient par pair), les pommades, la biopsie… En stress, non seulement de voir que mon chat était abimé, mais aussi de devoir lui donner médoc sur médoc !! Car si au départ il était super conciliant, au bout de 2 mois non stop de traitement il était vachement moins cool !
Je n’ai plus les chiffres en tête car cela remonte à trop d’années… Mais je peux vous assurer que j’ai largement moins dépensé en allant voir le dermatologue, et j’ai gagné beaucoup d’énergie !!

Si j’avais vu dès le début le dermato, Tit aurait galéré 2 mois au lieu de 6, j’aurai moins pleuré et crisé, et j’aurai moins dépensé d’argent.

Par contre j’ai gagné une sacrée expérience qui m’a permis depuis d’aider nombre de mes clients qui me disaient « mais si, j’ai vu le vétérinaire (ou trois ou quatre !) et rien n’y fait !!« . Mais à ma question « avez-vous vu un dermato ? » la réponse était à 90% du temps « non…« .

Alors n’hésitez jamais à aller consulter un spécialiste, que ce soit en dermatologie, en ophtalmologie, en neurologie, en oncologie etc.!

2/ Les causes comportementales

Si votre chat s’arrache les poils encore et encore, que vous avez vu le spécialiste, qu’il a tenté des choses, que rien ne fonctionne… Alors c’est que le souci est d’ordre comportementale. Mais ça veut dire au juste ?

Déjà, ça veut dire qu’il faut consulter un comportementaliste félin, qui va étudier chaque domaine de la vie du chat : son environnement, la gestion de son alimentation, et le relationnel qu’il a avec son ou ses humains. Voici plusieurs pistes de recherche :

Un chat s’arrache les poils parce que son environnement est anxiogène…

Si votre chat n’a pas le droit de grimper sur les meubles et qu’il n’a pas spots en hauteur, alors c’est stressant. Cela veut dire qu’il ne peut pas exercer son instinct de grimpeur, inhérent à son espèce.

Si la litière de votre chat est mal gérée, qu’elle est fermée, mal située etc., (je vous invite à lire par exemple l article sur la litière idéale pour votre chat), oui ça peut le stresser… De même qu’une alimentation rationnée, un espace interdit à la maison, l’absence de jouets, de stimulation en tout genre… Bref, autant d’aspect qu’il faut revoir pour que le chat retrouve son apaisement, en ayant la possibilité d’exprimer plus librement ses instincts de félin.
Je vous invite à retrouver plein plein de conseils dans mon site, dans les rubriques alimentation, aménagements & jeux, etc.

chat qui se lèche le ventre jusqu’à perdre ses poils

Un chat s’arrache les poils parce que la relation avec son humain est déséquilibrée…

Mais parfois, l’environnement (chez vous quoi !) est super bien agencé pour que le chat s’éclate ! Le problème peut alors provenir du relationnel. Qu’il soit trop punitif (trop d’interdit, de réprimandes), ou au contraire, trop d’amour…

Personnellement, dans ma pratique, je crois que 90% du temps cela provient d’une relation trop fusionnelle. J’avais fait un article et vidéo sur ce sujet que je vous invite à regarder d’ailleurs. Au sujet de la punition, j’ai également fait des articles qui vous expliqueront pourquoi c’est contre productif !

Mais revenons sur la relation trop fusionnelle…

Les trois facettes de la relation fusionnelle avec son chat

Une relation fusionnelle avec son chat peut avoir trois formes.

1 – votre chat est trop attaché à vous

Si votre chat est constamment collé à vous, qu’il vous réclame de l’attention à chaque instant, alors on peut parler d’hyper attachement. Et même si parfois on peut trouver ça mignon, cela dénote toutefois d’un déséquilibre intérieur.

En gros, lorsque vous n’êtes pas là, votre chat est complètement perdu. Cette angoisse peut se répercuter par des léchages excessifs, mais aussi des éliminations en dehors du bac à litière, ou encore de l’agressivité par exemple. C’est un peu chaque chat qui gère à sa façon selon son tempérament quoi !

2- vous êtes trop attaché·e à votre chat

L’autre versant, c’est que c’est vous qui ne pouvez vous empêcher de faire des bisous et des câlins à votre chat. Et ce même quand il ne demande rien…

Bien des chats apprécient d’être auprès de leur humains sans vouloir être touchés pour autant… Or, quand ils sont constamment dérangés (dans leur sommeil, dans leur veille, dans leur jeu…) par des interactions tactiles non désirées (pour ne pas dire des papouilles non stop !) cela peut entrainer ce comportement.

3- Vous et votre chat êtes trop attaché·es l’un à l’autre

Enfin, la dernière option, c’est que vous êtes tous les deux accros l’un à l’autre. Et là encore cela signifie qu’il y a un déséquilibre… Et que à court ou moyen terme cela entrainera un ou des soucis de comportement…

Quelque soit la situation dans laquelle vous vous trouviez, il faudra donc impérativement oeuvrer pour ramener l’équilibre… Et la solution, bien qu’émotionnellement difficile à suivre, est toujours porteuse de joie au final ! J’aborde cette « solution » plus bas.

Pourquoi le chat se lèche, se frotte ou se gratte trop ?

Il arrive donc qu’un chat se lèche à outrance pour évacuer stress et tensions. Quand un chat se lèche l’épaule ou l’organe génitale notamment, c’est un signe de stress. Il se peut aussi que le chat se frotte ou se gratte entre l’oeil et l’oreille car c’est une zone où il y a des sécrétions odorantes apaisantes. Mais cela peut aussi toucher d’autres partie de son corps, comme le ventre, le cou ou les pattes.

Plus la source de stress est constante, plus le comportement sera intense, et plus durement les zones seront touchées…

Le cercle vicieux du léchage compulsif chez le chat

Quand un chat s’arrache les poils pour apaiser son stress et qu’il en vient à mettre sa peau à vif, cela peut l’irriter et le démanger. Ce qui va donc déclencher un comportement de grattage de la zone, qui peut alors dégrader la peau… Mais si la source de stress est constant, alors le chat va à la fois ressentir le besoin de se gratter pour s’apaiser ET pour apaiser les démangeaisons ! Et ainsi de suite… jusqu’à ce que la peau présente des croûtes, du sang… Et qu’on ne sache plus comment en sortir.

Comment aider un chat qui s’arrache les poils ?

Même lorsque le léchage compulsif n’est pas d’ordre médicale, il n’est pas rare, pour parler de ma pratique en tant de comportementaliste félin, qu’il faille demander un soutien médicale auprès du vétérinaire et/ou un complément alimentaire naturel, pour aider le chat à s’apaiser.

Effectivement, nous avons vu que le cercle vicieux entraine quasiment tout le temps une démangeaison… Aussi, demander à son vétérinaire une pommade (ou autre ?) pour apaiser l’irritation est une bonne chose à faire !
Lorsque le stress est trop fort, il convient aussi parfois d’aider le chat grâce à des compléments alimentaires naturels soft.

Des compléments alimentaires naturels pour détendre son chat

Voici quelques exemples de produits soft pour apaiser votre chat.

1- Zylkène, du laboratoire vétoquinol, est un aliment complémentaire constitué d’une protéine de lait. Il peut s’utiliser de diverses manières. J’avais fait une vidéo d’ailleurs pour vous expliquer et vous montrer les utilisations en images.

2- Anxitane S, du laboratoire Virbac, utilise quand à lui la L-Théanine, un composé du thé vert. Soit une autre molécule. L’avantage de l’Anxitane S est que le petit comprimé est appétent, et les chats gourmands les mange comme des friandises.

Chaque chat est différent, et on ne peut jamais dire avec certitude quel produit fonctionnera. Il n’y a pas d’autre choix que de tester.

3- M.Kalm, de Mon Animal Adoré est un produit conçu par une vétérinaire phytothérapeute. Il est à base de valériane, de mélisse et de passiflore. Il peut se donner en direct dans la bouche, ou dans sa pâtée ou son bol d’eau.

4- Les Fleurs de Bach. Il peut s’agir du Rescue, ou bien d’un mélange d’élixirs floraux que vous pourrez constituer vous-même en suivant mon guide !

Créez l'élixir sur mesure pour votre chat

apaiser son chat grace aux fleurs de bach

Apprenez dans mon guide pratique comment utiliser et administrer les fleurs de Bach, quelles fleurs sont appropriées à quels problèmes, et comment réaliser un élixir sur-mesure pour votre chat ! Vous pourrez alors apaiser et aider votre chat dans tous les évènements qu'il traverse.

En savoir plus

Quid de la collerette ?

La collerette est un accessoire terriblement contraignant pour un chat, qui génère beaucoup de stress. Toutefois il faut parfois en passer par là. Le souci est que si la collerette est gardée trop longtemps, alors on envenime la situation.

Lors de mes entretiens, il vient toujours un moment où je demande à ce qu’on retire la collerette. Le chat se lance alors dans des étirements et une toilette salvatrice. On sent qu’il respire. Mais vient un moment où sa patte ou sa bouche rejoint la zone sensible, et bien souvent son humain accourt (voire en criant) pour l’attraper, et hop, lui remettre la colerette… Soit la fin d’une douce liberté pour le chat et l’engrangement de stress supplémentaire.

MAIS !! Je ne vous dis pas ici que vous devez retirer la collerette !! On ne peut faire de généralités… C’est toujours du cas par cas. Parfois c’est nécessaire de la retirer, et parfois il est nécessaire de la garder…

Il existe des alternatives à la collerette vétérinaire traditionnelle, comme le collier lune, ou encore celle que j’avais acheté pour mon chat Tit lors de son opération. (cliquez sur la photo ci-dessus pour retrouver la référence). En tissu, plus souple, elle était parfaite.
Et puis j’ai trouvé le body post opératoire pour chat qui était encore mieux ! selon la situation, peut-être d’ailleurs que le body vous sera utile.

Quid des caches-griffes ?

Sur mon livre Absolument chat ! je dis un grand NON aux caches-griffes. Mais je vais modérer ici mon propos. En effet, c’est pour moi une pratique absurde et irrespectueuse de son chat lorsque l’on souhaite simplement protéger son canapé des griffades. Un chat a des griffes, il a besoin de griffoirs. C’est tout.

MAIS ! Quand on a un chat qui se ravage la figure, le cou, jusqu’au sang, tellement il est en détresse et en souffrance, et que la collerette le stresse encore plus, alors là, oui, les caches-griffes vont lui permettre de revivre.

C’est le cas de Potichat, un chat errant que Lucie, alias @Ditesmatou, comportementaliste félin investie, a littéralement sauvé. Je vous invite à suivre son compte ainsi que le compte de l’association @Choupimatoudit qu’elle a créé pour aider encore plus de chats errants en leur offrant des soins, de la nourriture, et si possible un foyer !

Potichat, le chat errant que Lucie de DitesMatou a sauvé
Potichat, quand Lucie l’a rencontré

Potichat se grattait tellement qu’il était en sang. À force de patience, elle a réussi à le récupérer pour l'emmener chez le véto. Et, de fil en aiguille elle a finit par le récupérer chez elle, avec ses trois autres chats.
Elle le soignait jour après jour, mais Potichat devait garder une collerette en permanence, sinon il se grattait sans cesse.


Après qu’elle ait vu le dermatologue, qui a fait tous les examens pertinents sur Potichat, les résultats ont montré beaucoup d’allergies. Le traitement est lourd et cher, mais Potichat est sauvé !

Pour lui permettre de retrouver une vie plus agréable, elle lui a alors mis des caches-griffes. Vous noterez au passage que les caches-griffes sont sur ses pattes arrières. En effet c’est généralement avec les pattes postérieures qu’un chat va se gratter.

L’entretien n’est pas toujours aisé, mais Lucie ne lâche rien pour le bien-être de Potichat. Il partage aujourd’hui sa vie avec trois compères, dans un foyer aimant (inutile de préciser que le lien de confiance entre lui et Lucie est magique…!).

Aider un chat qui s’arrache les poils en rééquilibrant la relation

Comme j’en parlais plus haut, un relationnel trop fusionnel peut amener un chat à se gratter ou se lécher jusqu’à la dépilation ou au sang. Pour rééquilibrer la relation, il convient souvent de faire ce que j’appelle un « plan de détachement ». Cela consiste, en gros, à ignorer son chat. Voilà pourquoi c’est émotionnellement dure à faire. La plupart des personnes ont peur que leurs chats pensent qu’elles ne les aiment plus… Et pourtant il faut tenir bon, les résultats obtenus sont toujours positifs auprès des gens qui le suivent sérieusement ! Dans ma vidéo Youtube (en début d’article), je raconte notamment une anecdote à ce sujet. Je relate d’autres anecdotes encore dans mon livre « Pipi de chat« , co-écrit avec mon amie et consoeur Delphine Oulès.

Le mot de la fin

Pour conclure, je tiens à redire combien les cas de léchage compulsif et/ ou d’automutilation sont du cas par cas. On ne peut dire avec certitude qu’il n’y a qu’UNE seule manière de faire… Tout simplement parce que, comme je le dis toujours « chaque chat est unique et chaque relation qui se tisse entre nous l’est tout autant« …
Encore une fois il faut avant tout consulter un vétérinaire, et même lorsque la cause est comportementale, il est toujours bon d’avoir en plus un appui médical !

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Marion Ruffié

Comportementaliste spécialiste du chat, je suis aussi auteure de plusieurs livres et consultante pour les médias (presse et télévision). Fondatrice de absolumentchats.com j'adore partager mes conseils et astuces pour rendre la vie plus douce avec son félin, mieux le comprendre, et ainsi tisser une relation merveilleuse avec son chat !

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