

Aujourd’hui je pousse un coup de gueule. Je vous avoue que ces derniers temps je suis un peu sur les nerfs. En tant que comportementaliste félin, et cheffe d’entreprise, j’ai à coeur, avec mes collaboratrices, de vous aider. De faire en sorte que le problème s’envole, que votre chat se sente mieux dans ses pattes, que vous retrouviez le calme intérieur (parce que c’est fatigant de gérer certaines problématiques !) et enfin que votre relation soit encore plus douce !
Mais je fais face à un constat qui m’épuise et m’attriste : pourquoi faire appel à des spécialistes, payées, si c’est pour refuser d’appliquer leurs conseils ? Sous couvert de tout savoir sur leur chat, mais aussi pour ne pas nuire à leur déco intérieure et/ou leur image, beaucoup de personnes refusent de remettre en question leurs habitudes. Et qui en paie le prix ? Le chat !
Heureusement bien sûr nous avons rencontré des tas de belles personnes, capables d’accepter, d’apprendre et d’appliquer les recommandations. Et les résultats et retours ont toujours été superbes ! Et merci à ces personnes. C’est grâce à elles (à vous ?) que je continue…
Mais voilà, la poignée qui est bornée et aveuglée par son ego épuise mon feu intérieur. Alors j’ai décidé aujourd’hui de pousser un coup de gueule, de prêter ma voix à ceux qu’on n’écoute pas assez (chats, mais aussi comportementalistes !). Voici 8 choses que votre chat aimerait vous dire, et que je vais crier à sa place !
Ce n’est pas parce que vous aimez les gratouilles sur les pieds que tous les humains apprécient cela aussi. Chaque humain a ses préférences, dans bien des domaines : cuisine, caresses, cadre de vie, activités…
Alors pourquoi ne pourrait-il pas en aller de même avec les chats ? Combien de fois on m’a dit « j’ai eu des chats toute ma vie, alors les chats je connais !« . Sauf que non. On peut être tombé·e toute sa vie sur des chats qui aiment les papouilles sur le ventre, et avoir un nouveau chat qui déteste ! Et puis dans ces cas-là, j’ai toujours eu envie de rétorquer « Dans ce cas pourquoi faire appel à nous ?! ». (mais je me retiens…).
Il n’est rien de plus frustrant que de voir des environnements pauvres, qui ne répondent pas aux vrais besoins des chats, et de savoir que rien de ce qu’on pourra dire ne fera changer quoi que ce soit, parce que la personne en face refuse de remettre en question quoi que ce soit.
« Regardez il adore !« . Non. Si la personne acceptait de comprendre le langage du chat, là, là et là, elle verrait que son chat n’adore pas du tout.

Par contre je vous l’accorde, plein de chats sont super cool et « font avec ». Un peu comme nous si nous n’avions à disposition que des chiottes de chantier… Ça ne nous enchante pas, mais quand faut y aller, faut y aller ! Allez, une fois en passant, on va pas faire notre diva. Par contre si on a l’occasion de choisir entre le pipi dans ces toilettes ou pipi dans la douche, notre choix sera vite fait ! (ne feignez pas de dégoût, j’ai fait un super sondage à ce sujet ; on est très nombreux·ses à préférer le pipi dans la douche, même quand on a de super WC à dispo !).
Alors là, vous pourriez me balancer que pour le coup, je projette sur le chat, allant donc à l’encontre de ce que je cherche à démonter justement ! Sauf que… dans le cas du chat et des toilettes, puisque j’ai choisi cet exemple parlant, beaucoup d’humains ont tendance à proposer à leurs chats des bacs à litières fermées, disposés à l’écart… voire des litières de l’espace autonettoyantes. Tout pour ne pas voir le caca ! D’ailleurs dans ces moments je me demande bien comment ça se fait que personne n’ait encore inventé les couches automatiques pour les bébés…? Mais bref.
Les litières fermées et/ ou autonettoyantes, ça convient à notre nature humaine. Pas voir, pas sentir, pas ramasser ce qu’on considère comme sale, voire impur. Mais ce type de bac ne correspond pas du tout aux vrais besoins du chat ! Qui a besoin d’espace pour se tourner dans son bac, gratter, enfouir, renifler, et contrôler tout son environnement pendant qu’il élimine.
Et là, on en revient au sujet : ne plaquons pas nos besoins sur ceux les chats, parce qu’en l’occurence, le comportement d’élimination du chat ne correspond pas à notre comportement d’élimination. Pas plus que notre comportement alimentaire comme on le verra plus bas.
Punir un enfant parce qu’il a fait pipi au lit, c’est idiot, humiliant, bref très loin d’être constructif. Si le souci persiste, on sait qu’il y a un problème, que l’enfant ne va pas bien… Alors on va l'emmener voir un médecin, un pédopsychiatre etc.
OK, peut-être que vous êtes de celles et ceux qui, comme moi, avez reçu des claques et des coups de pied aux fesses dans leur enfance. Oui, vous n’en êtes pas mort·e (comme moi). Mais est-ce une raison pour ne pas essayer de voir, de faire les choses autrement ? Oserais-je dire d’élever le niveau ?
Nous vivons dans une époque où nous mettons de plus en plus de conscience sur notre rapport aux animaux. Mais certaines choses restent encore difficiles à accueillir apparemment. Notamment : punir pour faire comprendre qu’il a fait une bêtise.
Sauf qu’un chat ne fait pas de bêtise. Un chat agit par instinct. Et donc quand il fait pipi au lit, c’est qu’il répond à son instinct : pas de vous embêter (ça ne fait pas partie de son registre), mais de s’apaiser face à une ou des sources de stress par exemple. Ainsi, le punir ne fera qu'empirer la situation, à plus ou moins long terme.
Et si vous demeurez sûr·e que ça marche… attendez quelques temps ! Généralement ce n’est pas très long pour voir le problème ressurgir.
Alors plutôt que de dire que le chat est une tête brûlée, pourquoi ne pas se remettre en question ? Croyez-moi (s’il vous plait !), ce sera bien plus profitable, pour vous, pour votre chat, et pour votre relation ensemble.
La solution pour ne pas avoir à punir ? Proposer les bons aménagements et accessoires, qui vont vraiment permettre au chat d’exprimer ses instincts !
Oui, un chat c’est extrêmement adorable quand il dort. Les chatons n’en parlons même pas !! Vous passez par la chambre et il est là, endormi en boule, si mignon… Je sais que c’est dur de résister à la tentation de câliner sa petite tête. Et pourtant, il le faut. Pour son bien-être, mais aussi pour le vôtre ! Pourquoi ? Parce que si votre chat ne peut pas dormir son quota, il sera stressé, à cran, et cela se répercutera d’une façon ou d’une autre sur son comportement et dans sa relation avec vous.

Un chat dort entre 12 et 16 heures par jour. Les girafes, elles, dorment en moyenne 2 h par jour. Je suis sûre que vous avez remarqué que ces deux espèces ne se ressemblent pas. Pas plus qu’à un ours qui va hiberner tout l’hiver. Si un chat a besoin de 12 à 16 h de sommeil par jour, c’est parce qu’il en a besoin.
À celles et ceux qui me rétorquent « Lui il ne se dérange pas pour me réveiller au milieu de la nuit !!« , je répondrais que votre chat n’a pas demandé à vivre avec vous… Le chat est un animal crépusculaire qui a aussi un pic d’activité la nuit. C’est sa nature.
Sachez qu’un chat ne dormira pas mieux ou plus profondément la nuit si vous le réveillez en journée. Par contre il sera plus nerveux (par manque de sommeil) et il risque donc de vous en faire baver dix fois plus !
Vous avez déjà entendu que le chat souffrait en silence, non ? C’est très vrai. La plupart des signes sont si discrets que c’est facile de passer à côté. Eh bien, c’est pareil en ce qui concerne le stress.
Je ne compte plus le nombre de personne que j’ai rencontré en consultations qui me disaient – enfin qui disaient à leur chat-, en le portant et le gratouillant « C’est le moins stressé de la vie, lui ! hein que t’es pas stressé mon roudoudou !!« . Et moi de voir ses oreilles en forme de cornes, sa queue balancer, ses pupilles dilatées, le rolling skin sur son pelage… Bien sûr que si, il est stressé là !
J’ai écris un article juste ici pour apprendre à reconnaître si votre chat est stressé et comment réagir en fonction !

Je ne suis pas en train de dire que votre chat est toujours stressé. Mais si vous faites appel à mon équipe ou à une autre comportementaliste, c’est parce qu’il y a un souci. Il y a forcément des causes de stress. Même chez un chat qui n’a pas de « problème de comportement » en soi, il y a des moments où il ressent du stress (l’aspirateur, l’impossibilité d’accéder à la chambre, une caresse non désirée, le moment de prendre le médicament…). C’est normal.
Lorsqu’on explique qu’un chat est stressé, ça n’est pas une accusation contre vous ! C’est juste pour que vous sachiez reconnaître les moments où ça ne va pas, et comment faire pour limiter ces moments.
Prenez les informations auprès de vrais spécialistes. Ce n’est certainement pas parce qu’on a eu des chats toute notre vie qu’on sait gérer les problèmes de comportement. Ce n’est pas non plus parce que le conseils est écrit sur un site d’animalerie ou d’assurance pour animaux qu’ils connaissent leur sujet.
Spoiler alerte, beaucoup de sites, même dédiés aux animaux, n’écrivent pas eux-mêmes… C’est souvent l’IA qui fait le job. C’est facile, pas cher (en apparence), et rapide. Hélas, beaucoup ressortent encore de vieilles idées reçues ou recettes de grand-mère comme solutions… 😓
J’avais l’habitude de donner beaucoup d’interviews à des journalistes qui écrivaient des articles sur les animaux, que ce soit le Figaro, Femme Actuelle, Le Parisien, Sciences et Vie… Ces journalistes prenaient les informations auprès des comportementalistes pour la partie comportement, et des vétérinaires pour la partie santé. Un travail logique, qualitatif. Mais ça n’est plus, ou trop rarement, le cas aujourd’hui.
Ce n’est pas non plus parce qu’on fait de la communication animale qu’on saura gérer le problème en question. En toute transparence, je crois en la communication animale, parce que je connais des personnes qui « font ça bien ». Par là, j’entends qu’elles ne déforment pas ce qu’elles entendent en plaquant leurs propres expériences, valeurs, et concepts sur le dos du chat. J’ai malheureusement entendu tellement d’absurdités qui ont fait empirer la situation, que je comprends aussi les septiques. Je parle notamment de la communication animale dans une vidéo sur ma chaîne Youtube.
Lorsqu’un chat a un problème de comportement, il y a deux choses à faire :
Lorsque j’entends « Les chats ils ont que ça à faire d’accepter nos caresses« , je rêve d’être le Terminator (et de n’avoir aucune conscience). Ça me rend malade, ça me déprime.
On parle tellement du consentement que ça devrait couler de source que de respecter celui de nos animaux (déjà qu’on les fait vivre avec nous). Et pourtant, le chat reste encore à bien trop d’égards une peluche, là pour faire du bien à l’humain. Oui c’est indéniable, vivre avec un chat a mille vertus, ça nous aide de plein de manières, c’est même bon pour notre santé. Mais ça ne signifie pas pour autant qu’il faille en faire son jouet personnel.

Aussi, s’il ne veut pas de câlins, il ne veut pas de câlins ! C’est tout. Apprendre à décoder les signes permet de savoir quand c’est oui et quand c’est non. Et franchement, quand on respecte cela, la relation avec son chat n’en est que plus belle. Je sais que je me répète mais c’est si vrai !
J’ai justement fait un article et une vidéo pour vous expliquer comment savoir si votre chat aime les câlins (au moment M !).
L’alimentation de nos chats c’est un gros sujet. À juste titre d’ailleurs étant donné le nombre croissant (sans jeu de mot) de cas d’obésité féline. Mais là encore, et si nous nous concentrions sur les conseils des professionnels formés en la matière ? Un véto n’est pas forcément formé en nutrition animale (comme un médecin pour humain ne l’est pas en nutrition humaine). Idem pour un naturopathe, un ostéo… S’il n’est pas sérieusement formé, attention aux conseils…! (au fait, on n’apprend pas avec des vidéos d’influenceurs lifestyle… (ou influmenteurs comme ça se dit aussi !).
Il existe à ce jour UNE professionnelle, vétérinaire et nutritionniste, qui dispense des formations de qualité autant aux vétérinaires qu’aux ASV et aux comportementalistes félin. C’est la Dre Charlotte Devaux. Elle en a même créé une pour les particuliers ! Foncez !!
Elle m’a formée et certifiée en 2024.
Le chat a besoin de faire entre 10 et 16 repas par jours. Il mange peu, mais plein de fois par jour. Ça, c’est le comportement alimentaire naturel du chat. C’est un grignoteur.
Pour comprendre son état de stress, quand il reçoit deux ou trois repas par jour, c’est un peu comme si je vous nourrissais le lundi et vous disais « Prochain repas vendredi ! Allez, amuse-toi bien, et viens me faire un câlin !« …🙄 Pas sûr que ça vous plairait !
Alors dans nos maisons, nos studios, avec moins d’espace et de stimulations, comment gérer ça ? Il y a en effet plein de choses à adapter. Mais la chose à ne pas modifier, c’est le nombre de repas ! Et il ne faut jamais que sa gamelle soit vide !

Le chat doit avoir accès à ses croquettes en libre service : c’est lui qui décide quand il a faim et quand il va manger. Pour éviter la prise de poids en revanche, voilà le combo gagnant :
Contrairement aux idées reçues, la pâtée ne fait pas grossir les chats. À poids égal, c’est cinq fois moins calorique que les croquettes.
Pour ajouter à ce combo, on peut proposer des courgettes ou des haricots verts cuits à l’eau. Et bien sûr, on ajoute à cela un environnement enrichissant, avec des jouets, des spots en hauteur, pour que le chat grimpe et explore… Et des séances de jeu pour le faire courir (même 5 minutes ça suffit !).
Le hic, c’est qu’encore une fois, bien des gens ne veulent pas appliquer ces conseils, parce que :
Les excuses ne manquent pas ! Alors que toutes les personnes qui ont scrupuleusement suivis les recommandations ont vu de vrais changements 🙏🏻 !!
Pour finir, voici une dernière chose qui me fatigue au quotidien (et qui me fatigue même quand ce sont mes collaboratrices et consoeurs qui le vivent) : les personnes qui, lors du suivi, disent « ça ne marche pas« , mais en creusant (et souvent pas très profondément) on s’aperçoit qu’elles n’ont rien mis en place !

Souvent, on apprend qu’elles ont acheté la gamelle ludique mais que, malgré nos conseils, elles n’ont pas résisté et lui ont remis la gamelle classique. Que non, elles refusent d’ôter le couvercle des bacs à litière fermés, parce que : « Ils adorent, c’est pas le problème, je connais très bien les chats« . Elles ont arrêté de le punir mais ne peuvent pas s'empêcher de le porter sans arrêt… Elles n’ont pas voulu se passer de leur encens quotidien ou de leur brume de lit…
En gros : elles n’ont rien fait de ce qu’on avait recommandé.
Je me souviendrai toujours de ce cas où le chat faisait caca sur le canapé blanc du salon, dans ce luxueux appartement. La liste de recommandations était longue, et je voyais bien que la pilule avait du mal à passer. Je me doutais que tout ne serait pas appliqué, mais je ne m’attendais pas à la chute de cette histoire.
Lors du suivi, la dame me dit simplement que ça n’a pas marché. Je lui réponds en lui renvoyant la liste de tout ce qu’il fallait revoir, pour qu’elle me dise, point par point, ce qui était en place ou non, afin de pouvoir ajuster. Et la dame m’a répondu. À côté de chaque point, elle avait écrit « pas fait… pas fait… pas fait... » (15 fois de suite). La seule chose qu’elle avait faite, c’était de déplacer la gamelle du mur droit au mur gauche. Mais elle ne se démontait pas. En conclusion elle rajoutait ceci : « Que dois-je faire ?« . 🙄🤯
L’équilibre d’un chat est un écosystème global. Pas un buffet à volonté où on choisit uniquement les conseils qui nous arrangent. En plus, sérieux, nous tâchons toujours d’adapter le plus de choses possibles, on est cool, pas des tortionnaires !
Appliquer un conseil sur trois ne donnera pas 33 % de résultats : il est plus probable que ça ne change rien du tout. Et ce n’est ni la faute du chat ni la faute de la comportementaliste ! C’est véritablement l’ensemble des recommandations appliquées qui vont faire la différence. Et ça n’est qu’une fois le résultat obtenu qu’on va pouvoir réadapter (par exemple en retirant ou en déplaçant un des bacs).
Cela demande un engagement total !
C’est d’ailleurs précisément pour cette raison que j’ai structuré mes programmes en ligne en comportement félin de manière complète et étape par étape. Mon but est toujours de vous accompagner du début à la fin, sans que vous ne fassiez l’impasse sur les éléments clés. Et si vous êtes prêt·es à jouer le jeu à 100 % et à faire ce petit effort de remise en question pour véritablement comprendre votre chat, je vous garantis que les résultats seront au rendez-vous !

D’autres articles qui peuvent vous intéresser :
Comment faire maigrir mon chat ?
Un chat heureux en appartement
Est-ce que les chats ont besoin d’intimité pour faire pipi ?
