
Savoir prodiguer les premiers secours sur un animal est si rassurant ! Car quoi de plus stressant que d’être impuissant·e face à son chat malade ou en détresse ?! Il y a peu de temps j’ai suivi une formation en premiers secours animaliers, et j’avais donc envie de vous partager quelques petites bases. On va voir un peu quelle procédure suivre en cas d’accident, quelles infos ne faut-il pas omettre de vérifier et de donner au vétérinaire… Qu’est-ce qu’on doit mettre dans sa trousse de secours ? etc.
Au mois de janvier, un de mes chats a eu un gros souci de santé, très soudain. J’ai bien cru le perdre sous mes yeux dans le salon… Pour celles et ceux qui me suivent sur insta, vous savez hélas qu’il m’a quitté y a peu de temps… Dans ma situation je ne pouvais rien faire d’autre que le conduire direct aux urgences vétérinaires.
Mais j’ai réalisé encore plus à quel point, quand il s’agit de notre « bébé », on peut perdre complètement nos moyens…
Être un minimum formé·e, s’habituer ne serait-ce qu’aux termes techniques, peut grandement aider à mieux gérer une situation délicate. Et que ce soit avec son propre chat qu’avec ceux de nos proches, ou tout simplement avec des chats croisés dans la rue.
Je n’entrerai pas dans les détails des détails, car je ne suis pas formatrice. Et d’ailleurs je ne peux que vous recommander chaudement de suivre vous aussi une formation en premiers secours animaliers. Pour ma part je l’ai suivie avec Capucine Gallet, à l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, et elle était géniale !!
Donner les premiers secours à un animal va consister à le sortir de la zone de danger, et le stabiliser sans aggraver la situation, pour l'emmener chez le vétérinaire dans les plus brefs délais. En effet, à la différence de l’humain, les pompiers ou le SAMU ne se déplacent pas pour un animal (sauf si l’animal est empalé ou s’il représente un danger pour les gens).
Notre rôle sera donc de :

A noter que si vous portez secours à un animal sur la voie publique, vous devez avoir l’accord de l’humain·e de l’animal avant de faire quoi que ce soit sur lui.
Ce que l’on ne doit pas faire :
On n’a pas le droit de donner de médicament ! Cela va sans dire peut-être, mais il faut le préciser. C’est le vétérinaire seulement qui aura le droit de faire ça, ou de pratiquer des actes plus délicats. Eh oui, ce n’est pas parce qu’on est fan de Grey’s Anatomy ou de Good Doctor qu’on peut s’improviser chirurgien, quoi !
Cela se résume en trois points : Protéger, alerter et secourir. Voyons cela de plus près :
Il s’agit de « protéger la zone« . Cela veut dire non seulement faire de l’espace pour travailler (désinfecter, bander, etc.) mais aussi sortir de la zone de danger afin de se protéger. Par exemple si l’accident à eu lieu au milieu de la route il faut éviter le sur-accident.
Il s’agit aussi se protéger de toutes morsures ou griffures. Eh oui, car si vous êtes blessé·e vous ne pourrez pas aider l’animal. Il est donc important de savoir lire l’animal et les signaux qui indiquent qu’il est ok ou pas… De fait vous saurez davantage comment l’approcher et le manipuler, en mettant par exemple des gants, ou en rabattant vos manches sur vos mains pour les protéger un minimum, ou encore en usant d’un lacet pour faire une muselière.
Pour bien comprendre le langage du chat, je vous recommande deux guides que j’ai écrit, « Qu’est-ce qu’il dit mon chat », et « signes de bien-être et signes de stress » :
Vous aimeriez parler chat ? C'est possible grâce à ce guide complet dans lequel je décrypte tout ce que veulent dire les vocalises, les postures et tous les petits comportements de votre chat ! De quoi accroitre votre complicité avec lui !
En savoir plusCela signifie : appeler le vétérinaire ! Non seulement il pourra vous aider par téléphone, mais il pourra lui aussi se préparer à votre arrivée avec l’animal.
En premier lieu il faut lui faire l’anamnèse. C’est-à-dire l’histoire de l’accident, le déroulé, et l’état des lieux. Il faudra lui donner, autant que possible, ces informations :

Dans l’idéal (et cela fait partie de tout ce que vous apprendrez en suivant une formation en premiers secours animaliers) faites « le bilan des constantes ».
Est-ce que le chat est conscient ou pas ? et dans quelle mesure. Pour le savoir il s’agit parfois simplement de dire son nom, de claquer des doigts et de voir s’il a une réaction.
Est-ce que le chat respire ? Combien comptez-vous de mouvements thoraciques, sentez-vous l’air qui sort de ses narines…?
Est-ce que son coeur bat ? Est-ce que l’animal a un pouls ? Vous pouvez prendre le pouls de votre chat en posant votre index et votre majeur sur sa carotide (s’il est inconscient) ou sur son artère fémorale, sur l’aine.
Si son coeur ne bat pas, il faudra alors faire un massage cardiaque. Bien sûr je ne peux vous dire ici comment faire, car il faut le voir et le pratiquer en formation.
Est-ce qu’il a perdu du sang, si oui, un peu ou beaucoup ?
Est-ce que son sang irrigue bien ses organes ? Pour voir cela, il est possible d’effectuer un test TRC : Temps de Recoloration Capillaire. Il faut exercer une pression de 2 ou 3 secondes sur sa gencive par exemple (si l’animal est inconscient ou s’il a une muselière qui vous protège des morsures), puis relâcher : si la gencive reprend sa couleur rosée en moins de 3 secondes, c’est ok.
La couleur des muqueuses peut nous aiguiller sur le souci que rencontre le chat :
Bref, ces indications seront précieuses pour le vétérinaire.
Est-ce que le chat est déshydraté ou pas ? Pour se faire une idée, vous pouvez par exemple pincer le pli de la peau du cou du chat en soulevant légèrement : si la peau retrouve sa forme en 2 secondes, c’est bon.
La température du chat est comprise entre 38° et 39,2°. C’est donc encore une information utile pour le vétérinaire.
Notez que si la température est trop basse par exemple, il ne faudra pas mettre le chat sous une chaleur intense trop vite. De même, en cas de coup de chaleur il ne faut pas mettre de glace sur l’animal ! Les extrêmes peuvent être très néfastes…
Le mieux est d’opter pour un thermomètre à prise rapide, avec un embout flexible.
Vous pourrez user d’un peu de vaseline ou de gel d’aloe vera pour que l’insertion dans l’anus du chat soit plus douce. Il faut également incliner le thermomètre soit vers le haut soit vers le bas, afin de bien prendre la température du chat, des parois intérieures, et non celle de ses selles ! (eh oui on n’y pense pas forcément !)
Cette partie est très dense, et tout expliquer ici serait interminable. Encore une fois je vous recommande de suivre la formation en premiers secours animaliers, qui est très précieuse.
Voici tout de même des petites choses toutes bêtes à connaitre :
Positionner l’animal en PLS, c’est le coucher sur le côté droit : en décubitus latéral droit.
Si l’animal a perdu connaissance, qu’il semble lutter pour respirer, il faudra dégager ses voies respiratoires. Pour se faire il faut lui retirer son collier, lui pencher la tête en arrière, sortir sa langue et la positionner sur le côté.
ATTENTION !! Si un objet est logé dans sa gorge, mais que de l’air passe quand même un peu, il ne faut pas chercher à le retirer, sous peine de faire bouger l’objet et d’obstruer complètement les voies respiratoires !
Personnellement j’ai acheté une couverture de survie pour enfant : la taille est tout à fait appropriée pour des chats. Mais selon la race de votre animal, peut-être aurez-vous besoin d’une plus grande !

Pour réchauffer l’animal, il faut que le côté doré soit sur l’extérieur (le côté argenté est sur lui).
Pour refroidir l’animal, il faut que le côté argenté soit sur l’extérieur (le côté doré est sur lui).
Pour évaluer la gravité d’une plaie, il faut non seulement regarder sa taille, sa profondeur, mais aussi sa localisation. Par exemple un bout un clou logé dans le flanc, ce ne sera pas pareil qu’un clou logé dans l’oeil…

Gérer une plaie se fera en plusieurs étapes :
1- dégager la zone (en rasant autour au besoin)
2- nettoyer la plaie, avec du sérum physiologique par exemple
3- désinfecter la plaie, avec de la chlorexidine par exemple, qui ne pique pas
4- protéger la plaie, avec un bandage, et au besoin aussi une collerette ou un collier lune.
ATTENTION ! Si un corps étranger est logé dans le corps (comme un clou) il ne faut pas le retirer ! Il faudra au contraire stabiliser l’objet pour éviter qu’il ne bouge, en le bandant avec la plaie.
Si vous devez bander un oeil abîmé, il faut absolument bander les deux yeux !
Si vous savez que le chat a ingéré une substance potentiellement toxique, appelez directement un des centres anti poison ouvert 24h/24 7j/7 :
CNITV (Centre National d’Information Toxicologique Vétérinaire) : 04 78 87 10 40
CAPAE (Centre Anti Poison Animal et Environnemental de l’Ouest) : 02 40 68 77 40
ATTENTION ! Sauf avis médical, ne faites jamais vomir votre chat et ne le faites pas boire ! La substance toxique risquerait de se propager plus encore et donc faire encore plus de dégâts.
Il est important de ne pas chercher à empêcher la crise, qui peut durer quelques secondes à quelques minutes. Par contre il faudra veiller à dégager l’espace autour de lui, qui pourrait être potentiellement dangereux. Il faudra aussi éteindre la télé, radio, lumières etc. afin que l’environnement soit le moins stimulant possible pour ne pas exacerber la crise.
Voici une liste d’accessoires à avoir avec soi dans sa trousse de premiers secours. C’est beaucoup plus simple que tout soit réuni au même endroit. A l’extérieur ça tombe sous la sens, mais même à la maison ! En effet, en cas d’accident vous ne stresserez à chercher les éléments à droite à gauche dans la maison, vous aurez tout sous la main ! Si vous sortez souvent avec vos animaux vous pouvez aussi vous préparer une mini trousse avec les essentiels.
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